ILS ONT LAPIDÉ GHOFRANE (préface)
Ce livre raconte le combat d'une femme dont la fille a été assassinée à coups de
pierres dans la nuit du17 octobre 2004 à Marseille et qui lutte pour que la justice
reconnaisse ce crime comme un véritable acte de barbarie.
Notre première rencontre avec Monia Haddaoui, lors d'un colloque organisé en 2005
par le Forum Femmes Méditerranée à Marseille à l'occasion de la Marche mondiale des
femmes, nous a fait découvrir une mère pétrie de douleur mais portée par une énergie
farouche et déterminée à faire connaître et reconnaître la barbarie du crime dont sa fille
avait été la victime.
Au cours des rencontres qui ont suivi, nous avons progressivement découvert une
femme dont les circonstances et l'itinéraire ont révélé un courage, une détermination
hors du commun, et dont le combat pour la vérité et la justice méritait d'être connu du
plus grand nombre.
On a pour cela souhaité que Monia raconte son histoire comme elle l'avait vécue et
comme elle continuera de la porter jusqu'à ce que la justice passe et qu'elle puisse,
enfin, entamer son travail de deuil.
Ce livre n'est pas le résultat d'un travail d'enquête qui viendrait compléter ou contredire
celui de la justice dans la mesure où les circonstances qui ont pu conduire au meurtre,
si elles sont révélatrices d'un climat et d'un contexte, ne peuvent ni en expliquer et
encore moins en effacer l'horreur et le caractère insoutenable dans une société
démocratique et portée par un idéal de justice.
C'est le récit, jour après jour, d'une femme qui, tout d'abord accompagnée, puis
délaissée par les médias, s'est retrouvée seule face à un système judiciaire qui,
aujourd'hui encore, refuse de reconnaître la gravité de l'acte qui a été commis.
Son énergie, elle l'a mise, pendant les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, dans la
recherche de la vérité, n'hésitant pas à mener avec ses enfants une véritable enquête
policière qui a débouché sur l'identification des coupables. Elle la met à présent sur le
terrain juridique pour obtenir une qualification en conformité avec les faits et
circonstances de l'assassinat dont sa fille a été victime.
Le lecteur notera également que cette détermination s'exprime sans haine vis-à-vis de
ceux qui vont avoir à répondre de ce crime, ni volonté de stigmatisation vis-à-vis de telle
ou telle catégorie de la population. Si haine il y a, c'est contre l'intériorisation du sexisme
chez certains jeunes de banlieue et, plus généralement, contre toutes les formes de
violence dont les femmes sont aujourd'hui victimes.
Mais, et c'est le sens de notre engagement, le combat de Monia Haddaoui est aussi un
combat pour des valeurs de respect et de tolérance dans une société multiculturelle de
plus en plus travaillée par l'intégrisme, le racisme et le fanatisme. C'est donc un combat
pour le « savoir-vivre ensemble » sans lequel nulle société ne saurait perdurer.
Je tiens, enfin, à remercier Mme Antoinette Fouque et les Éditions Des femmes d'avoir
relayé notre action en apportant leur soutien à Monia et fait en sorte que son combat
soit porté dans l'espace public. Ce combat rejoint celui, plus large, qu'elles mènent
contre toutes les violences faites aux femmes.
Jean-Claude Tourret
Délégué général
Institut de la Méditerranée. MARSEILLE
Ce livre raconte le combat d'une femme dont la fille a été assassinée à coups de
pierres dans la nuit du17 octobre 2004 à Marseille et qui lutte pour que la justice
reconnaisse ce crime comme un véritable acte de barbarie.
Notre première rencontre avec Monia Haddaoui, lors d'un colloque organisé en 2005
par le Forum Femmes Méditerranée à Marseille à l'occasion de la Marche mondiale des
femmes, nous a fait découvrir une mère pétrie de douleur mais portée par une énergie
farouche et déterminée à faire connaître et reconnaître la barbarie du crime dont sa fille
avait été la victime.
Au cours des rencontres qui ont suivi, nous avons progressivement découvert une
femme dont les circonstances et l'itinéraire ont révélé un courage, une détermination
hors du commun, et dont le combat pour la vérité et la justice méritait d'être connu du
plus grand nombre.
On a pour cela souhaité que Monia raconte son histoire comme elle l'avait vécue et
comme elle continuera de la porter jusqu'à ce que la justice passe et qu'elle puisse,
enfin, entamer son travail de deuil.
Ce livre n'est pas le résultat d'un travail d'enquête qui viendrait compléter ou contredire
celui de la justice dans la mesure où les circonstances qui ont pu conduire au meurtre,
si elles sont révélatrices d'un climat et d'un contexte, ne peuvent ni en expliquer et
encore moins en effacer l'horreur et le caractère insoutenable dans une société
démocratique et portée par un idéal de justice.
C'est le récit, jour après jour, d'une femme qui, tout d'abord accompagnée, puis
délaissée par les médias, s'est retrouvée seule face à un système judiciaire qui,
aujourd'hui encore, refuse de reconnaître la gravité de l'acte qui a été commis.
Son énergie, elle l'a mise, pendant les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, dans la
recherche de la vérité, n'hésitant pas à mener avec ses enfants une véritable enquête
policière qui a débouché sur l'identification des coupables. Elle la met à présent sur le
terrain juridique pour obtenir une qualification en conformité avec les faits et
circonstances de l'assassinat dont sa fille a été victime.
Le lecteur notera également que cette détermination s'exprime sans haine vis-à-vis de
ceux qui vont avoir à répondre de ce crime, ni volonté de stigmatisation vis-à-vis de telle
ou telle catégorie de la population. Si haine il y a, c'est contre l'intériorisation du sexisme
chez certains jeunes de banlieue et, plus généralement, contre toutes les formes de
violence dont les femmes sont aujourd'hui victimes.
Mais, et c'est le sens de notre engagement, le combat de Monia Haddaoui est aussi un
combat pour des valeurs de respect et de tolérance dans une société multiculturelle de
plus en plus travaillée par l'intégrisme, le racisme et le fanatisme. C'est donc un combat
pour le « savoir-vivre ensemble » sans lequel nulle société ne saurait perdurer.
Je tiens, enfin, à remercier Mme Antoinette Fouque et les Éditions Des femmes d'avoir
relayé notre action en apportant leur soutien à Monia et fait en sorte que son combat
soit porté dans l'espace public. Ce combat rejoint celui, plus large, qu'elles mènent
contre toutes les violences faites aux femmes.
Jean-Claude Tourret
Délégué général
Institut de la Méditerranée. MARSEILLE



